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09/11/2009

Roger Waters va reconstruire son mur

Roger Waters, ex-bassiste de Pink Floyd, préparerait pour 2010 et 2011 une nouvelle tournée axée sur l’album « The Wall ».

C’est le site neptunepinkfloyd qui révèle cette information. A suivre de très près...

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http://www.neptunepinkfloyd.co.uk/index.php/news/552-roger-waters-to-tour-the-wall-in-2010-and-2011

12:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, roger waters

05/11/2009

Pierre Richard en toute franchise

Pierre Richard, de son vrai nom Pierre Defays (un nom bien de chez nous ; en effet, son grand-père était belge) était ce 4 novembre au Théâtre de Namur pour présenter à nouveau son spectacle Franchise postale.

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Accompagné d’un contrebassiste, le grand blond a lu une petite dizaine de lettres d’admirateurs. Pour répondre à chacune d’elles, Pierre Richard raconte ses souvenirs de carrière comme la pièce César de Shakespeare et son acteur (dont on a oublié le nom) interprétant un Marc-Antoine « chouintant » et se prenant pour Hercule, un moment d’anthologie qui nous a coûté un fou rire mémorable et qui nous a fait perdre le fil de la fin du spectacle.

Autres grands moments : sa rencontre manquée avec le mime Marceau chez le dentiste et celle avec Charles Aznavour et sa pauvre écharpe en cachemire. Des anecdotes plus personnelles aussi : les avant-premières des concerts de Georges Brassens et sa désopilante première plongée sous-marine.

Ce fut un spectacle rempli de drôleries et d’émotion. L’acteur français, se définissant lui-même comme un pessimiste joyeux, nous a donné une magnifique leçon de gaieté et d’humilité. Adorant le théâtre de Namur, Pierre Richard, qui a d’ailleurs enregistré son précédent spectacle Détournement de mémoire (DVD) dans ce superbe lieu, reviendra normalement dans notre ville pour une troisième représentation en janvier.

03/11/2009

Un musée Simenon à Liège?

Comme la très bien raconté l'article paru dans La libre Belgique du 31 octobre 2009, Liège rêve d’ériger un musée aux multiples facettes expliquant Georges Simenon. Nous vous invitons bien sûr à lire cet article.

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http://www.lalibre.be/actu/gazette-de-liege/article/53974...

14/09/2009

James Thiérrée, au pays des chimères

Extrait du JT de TF1 du 13 septembre 2009 :

Le petit-fils de Charlie Chaplin, James Thiérrée, a lancé à Lyon son nouveau spectacle, «Raoul», joyeux bric-à-brac qu'il présente en province avant Paris.

http://videos.tf1.fr/jt-we/james-thierree-au-pays-des-chi...



Découvrez Raoul : la solitude selon James Thiérée sur Culturebox !

13:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : théâtre, culture

09/09/2009

Brad Pitt et Monsieur Hulot

Brad Pitt a tourné sous la direction de Wes Anderson une publicité pour une banque japonaise. L'acteur américain s'est amusé à parodier Monsieur Hulot de Jacques Tati. Voici un très court et rare extrait de cette publicité.

09:09 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, jacques tati

27/06/2009

Deux temps, trois mouvements

"La vie est drôle, si on prend le temps de regarder." Jacques Tati.

Un enfant de l'âge de Gérard, neveu de Mon Oncle, marche malencontreusement sur les graviers du parterre de la villa Arpel qui entoure le bassin et le poisson-fontaine. Le décor est abimé. Son grand frère se dépêche d'effacer les traces de pas. Les jeunes garçons, gênés et l'air coupable, regardent autour d'eux. Personne ne les a-t-il vus?

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Nous sommes à la Cinémathèque française à Paris pour l'exposition Jacques Tati, deux temps, trois mouvements..., mise en scène par Macha Makeieff. Parcourons ensemble, si vous le voulez bien, cette expo qui rend hommage au cinéaste de la vie moderne, ami des rêveurs et des excentriques.

Nous pénétrons dans un goulet pour une plongée dans les gris acier et les bruits de pas sur la matière plastique. Surgit l'aquarium... du verre, rien que du verre! Un siège aussi sur lequel on ne peut pas s'asseoir. On trouve enfin la sortie de cette vitrine.

Musardons alors. Vision d'une pipe géante et des tiroirs, annotations manuscrites, extraits de plans de travail, affichettes. A gauche, à droite, des sièges, une poubelle, un buste, des vases. Cela s'appelle le Confort-cosy ou l'Arpel's Style. Terrain de jeu favori aussi : la modernité. Une voiture de Baldaccini (dit César) à côté de l'étonnant Tatalititi de Pierrick Sorin.

Et des écrans sur tous les murs... Regardons et écoutons les extraits de films, les 6 leçons du professeur Goudet, les gags inspirés par les grans maîtres américains du burlesque, les pubs avec de jolies dames à la taille fine. Découvrons les images de l'Illusioniste adapté et réalisé en long métrage d'animation en 2009 par Sylvain Chomet. tati2.jpg

Observons la maquette de la villa Arpel et admirons les dessins de David Merveille, de Sempé, de Cabu et de Pierre Etaix.

Enfin, recueillons-nous devant le mausolée joyeux, vitrine qui regroupe les "objets cultes" de toute une carrière : la sacoche et la casquette de François le facteur; les chaussures, le parapluie, la pipe, le pardessus et le chapeau de Monsieur Hulot; l'Oscar et le César d'honneur de Jacques Tati.

Cette exposition, loin de momifier le grand Jacques et de féchitiser les objets mentionnés, s'est focalisée d'abord sur l'architecture, le design des gadgets et le mobilier. Le visiteur, peut-être égaré au départ, découvre alors un tout autre univers visuel et sonore.

Chez Tati, les deux temps sont : éprouver et comprendre; les trois mouvements : observer, imaginer, styliser. 

Extra : Le métier de scripte.

 

08:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tati, exposition, paris

26/06/2009

Pierre Etaix recouvre les droits sur cinq de ses films

Tout de même, un bonne nouvelle pour terminer cette journée :

Pierre Etaix recouvre les droits sur cinq de ses films.

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Le cinéaste Pierre Etaix a remporté vendredi une victoire judiciaire devant le TGI de Paris et recouvré les droits sur cinq de ses films que lui contestait depuis 2007 la société Gavroche Productions, laquelle n'a jamais exploité ses longs-métrages.
Lire aussi : Etaix : le verdict de la dernière chance.

AFP - Vendredi 26 juin 2009

29/04/2009

James Thiérrée et l'énigmatique Raoul

Ce mardi 28 avril, eut lieu au Théâtre royal de Namur la première mondiale de Raoul, le nouveau spectacle de James Spencer Thiérrée. Né en Suisse le 2 mai 1974, ce comédien qui à l’âge de 4 ans déjà faisait ses premiers pas sur la piste du cirque de ses parents, est aussi danseur, illusionniste, metteur en scène, acrobate et… petit-fils de Charlie Chaplin.

 

 

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Après ses spectacles La Symphonie du Hanneton (1998),  La Veillée des Abysses (2003) et Au revoir parapluie (2007), Thiérrée revient donc avec Raoul. Au milieu d’un décor complexe aux multiples possibilités – toute la machinerie théâtrale est utilisée -, "seul" sur scène avec son double, le comédien imagine l’histoire du solitaire Raoul, un roi déchu atypique, mystérieux et proche du dénuement qui vit retranché dans une tour qu’il a construite lui-même pour se mettre à l’abri de ses démons et du monde. Un visiteur, un jour, se présente pour attaquer l’édifice et son occupant. Cet assaillant, c’est lui-même… Il est à la fois l’attaquant et l’attaqué.

 

Commence alors un spectacle de toute beauté, mêlant plusieurs disciplines, la musique, l'illusion, la danse (le jeu du miroir), l'acrobatie (le mariage du corps et d'une échelle), la pantomime (le centaure de Tati), la théâtralité (le dormeur éveillé). Le décor à l'ancienne, ce sont des toiles tirées par des fils, des trappes qu'on ferme, de simples jeux de lumière, un aquarium qui se brise malencontreusement pour la "première", des créatures monstrueuses manipulées, mais surtout, le décor, c'est la tour faite de tubes d'échafaudage qui vont s'écrouler au fur et à mesure qu'avance cette épopée pour qu'à la fin, la scène se retrouve nue. Raoul, alors libéré de sa schizophrénie et découvrant le monde, peut monter au ciel.

 

Même s'il en a ras-le-bol (c'est lui-même qui le dit) qu'on lui rappelle son illustre ascendance, on ne peut s'empêcher, en voyant évoluer Thiérrée sur scène, de penser à son grand-père (quelques similitudes avec le court-métrage "One A.M."). La gestuelle, la démarche sont bien présents. Il ne cherche pas à imiter. C'est dans ses gènes... pour notre plus grand plaisir.

 

Pourtant guère habitué à ce genre de représentation du corps, nous sommes restés admiratifs devant cette magnifique performance. Le public namurois tombé aussi sous le charme a accueilli triomphalement (le mot est faible) ce spectacle qu'il serait assurément intéressant de revoir d'ici quelques représentations pour découvrir l'évolution de l'attachant personnage qui est Raoul.

 

Vendredi 8 mai, la dernière représentation namuroise. Nous avons revu le spectacle, certainement, un spectacle plus rôdé. Thiérrée a apporté quelques modifications. Moins de temps morts, des scènes de danse plus courtes, une autre participation du public, un jeu de lumière revisité, des effets sonores rajoutés. A chaque soirée namuroise, ce fut une standing ovation. Inoubliable! Amis parisiens, si vous avez vu ce spectacle, nous aimerions connaitre votre avis. Merci!

 

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10:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : théâtre

22/04/2009

Simenon sur France Culture

Lu sur le site Les Amis de Georges Simenon

Sur France Culture : Georges Simenon. Écrivain voyageur et déménageur

Cet été, sur France Culture, Pierre Assouline proposera une série d’émissions radiophoniques consacrées à Georges Simenon.
La série de cinq émissions intitulée Georges Simenon. Écrivain voyageur et déménageur sera diffusée du lundi 24 au vendredi 28 août 2009, chaque matin entre 9 h et 12 h 30 (durée totale : 17 heures).

Chaque matinée comportera trois parties :
– des archives (l h) ;
– un face-à-face entre deux invités (l h) ;
– un documentaire/reportage (l h 30) dont la dernière demi-heure sera consacrée à la lecture d'extraits de la correspondance de Simenon par deux acteurs.
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Plan de la série :
La Belgique (lre matinée) ;
Paris (2e matinée) ;
La France et autour (3e matinée) ;
L'Amérique (4e matinée) ;
La Suisse (5e matinée).

15/04/2009

Tati s'expose à Paris

La Cinémathèque de Paris, rue de Bercy, 51, Paris 12ème (métro Bercy), vient d’ouvrir ses portes jusqu’au 2 août à l’exposition « Jacques Tati, deux temps, trois mouvements… ».

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Montée par Macha Makeieff, son ayant-droit moral et Stéphane Goudet, cette expo, s’annonçant comme un vaste terrain de jeu, rassemble divers objets, la casquette de Gérard de Mon Oncle, la sacoche du facteur François de Jour de Fête, le chapeau de Tati, le pardessus et le parapluie de M. Hulot, un César d’honneur, l’Oscar, des lettres, des photos et bien d’autres choses encore.

Le catalogue de l’exposition est édité par les Editions naïve et la cinémathèque française.

Il est aussi intéressant de lire la note de Pierre Assouline (blog) datée du 13 avril et intitulée : « Tati, nom d’une pipe ! »

La villa Arpel s'expose également : http://www.104.fr/fr/Artistes/A129-Villa_Arpel

Sainte Sévère sur Indre célèbre l'acteur qui a tourné Jour de Fête dans ce village : http://www.maisondejourdefete.com/

13:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tati, cinéma, exposition

02/04/2009

Le combat de Pierre Etaix : suite et pas fin!

Il y a quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, vous avez signé la pétition demandant la ressortie des films de Pierre Etaix. Du fond du cœur, MERCI.

En juin 2008, 16 000 signatureont été remises aux avocats de Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière (co-auteur de quatre des cinq longs métrages aujourd'hui invisibles). Ces milliers de signatures n'ont pas de réelle valeur juridique, mais elles témoignent de notre intérêt et de notre vigilance à face à l'injustice dont sont victimes ces deux grands artistes. 


Le 28 novembre 2008, à notre grande surprise, les auteurs se voyaient refuser le droit de procéder à la restauration de leurs films (une restauration pourtant jugée urgente et dont le financement était assuré). 

Face à ce nouveau "blocage" nous sommes bien décidés à poursuivre notre mobilisation en rappelant les engagements de Mme Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication:  "Le ministère de la culture et de la communication est déterminé à tout mettre en oeuvre pour que les films de Pierre Etaix puissent être à nouveau diffusés sur tous supports et soient accessibles au plus large public".  

Aussi, 48 heures avant l'inauguration du 62e Festival de Cannes, nous espérons pouvoir déposer 50 000 signatures à l'attention de Madame la Ministre.

Si, comme chaque signataire, vous invitez deux nouvelles personnes à signer cette pétition, nous atteindrons rapidement les 50 000 signatures !

Alors, parlez en à vos amis, collègues, conjoint... ou mieux, prenez un peu de votre temps, copier / coller le lien ci dessous et envoyez-le avec un petit mot à tous vos contacts en demandant de faire suivre...

http://sites.google.com/site/petitionetaix/

(il s'agit d'un mini site rappelant les faits et permettant d'accéder à la pétition et à bien d'autres documents)

Comme l'a si poétiquement dit Antoine Hervé dans son message à Pierre Etaix: « Ce qu'une goutte d'eau ne peut, l'orage le pleut »

Merci de votre aide.

Les amis de YoYo.

18:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre etaix, cinéma

28/02/2009

Le petit chat est mort

ecole.jpgMagnifique soirée théâtrale que nous avons passée ce vendredi au théâtre de Namur avec L'Ecole des femmes de Molière. Dans le rôle d'Arnolphe, Daniel Auteuil qui pendant plus de deux heures de pure bonheur, nous a fait tout l'étalage de son immense talent de comédien. Les acteurs prennent énormément de plaisir à jouer et en donne en retour à un public très enthousiaste. Ce soir, dernière représentation à Namur mais L'Ecole des femmes sera aussi présentée à Bruxelles au Wolubilis du 4 au 7 mars. A ne pas manquer. On a adoré!

10:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre

28/01/2009

(Self) Service

On nous a dit tant de bien de la pièce Le dieu du carnage de Yasmina Reza que nous nous sommes précipités au théâtre de Namur pour la voir. Effectivement, on s’y est amusé énormément. A voir absolument.

Cependant, nous préférons donner nos impressions sur le nouveau spectacle d’Anne-Cécile Vandalem, anne1.jpg(Self) Service. Etonnante pièce que celle-là ! Présenté au Grand Manège de Namur, (Self) Service est au départ une veillée funèbre où quatre femmes (jouées par Zoé Kovacs, Lara Persain, Anne-Cécile Vandalem et Brigitte Dedry) se retrouvent autour du corps de Sally écrasée dans son banc solaire. Peu à peu, la veillée vire à l’enquête. Mais qui a tué Sally ? Est-ce la mère aux bruyantes lamentations ? La froide sœur  jumelle ? La vulgaire tante en chaise roulante ? Ou encore Nicole, la chanteuse blonde, venue de nulle part ? Celle-ci, régulièrement, se lance dans l’interprétation d’une chanson. La musique composée et arrangée par Pierre Kissling et le jeu de lumière font penser à l’univers de David Lynch. Les costumes, on les dirait sortis de la garde-robe des Deschiens (on imagine très bien Yolande Moreau dans un des rôles).

Mais, le plus étonnant est certainement que ce spectacle soit joué en playback. Il nous a fallu quelques minutes avant de nous en rendre compte, tellement le jeu des actrices « colle» au texte, une parfaite synchronisation qui a demandé un travail énorme. Les quatre voix qui sont récitées, malgré la profondeur de la scène et l’éloignement des comédiennes, sur la même tonalité, sont plus dans notre tête que sur la scène. A la fin de la pièce, on comprendra pourquoi nous avions cette impression.

Jouant derrière une large baie vitrée, plus pour ne pas incommoder les spectateurs, les actrices fumant cigarettes après cigarettes, que pour donner un effet supplémentaire, on a aussi le sentiment d’être devant un écran de cinéma.

Malgré quelques longueurs, on a beaucoup apprécié ce spectacle. Bref, ce (Self) Service, en fabuleux jeu de dupes, est un spectacle fascinant et inquiétant. A découvrir !

13:13 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre

19/01/2009

Les archives photos du magazine Life sur internet

Les archives photographiques du magazine américain Life, dont certaines images sont devenues des icônes du XXe siècle, sont accessibles sur internet.A12LifeCover.jpg

Time a indiqué que ces quelques 10 millions d'images seraient visibles sur Google, via une simple recherche Google ou sur Google images.

La collection photographique inclut des oeuvres de grands noms du sixième art, comme Alfred Eisenstaedt, Margaret Bourke-White, Gordon Parks ou encore W. Eugene Smith. Le film amateur de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy par Abraham Zapruder, y figure également.

Un exemple, le voyage de Monsieur Hulot - Jacques Tati à New-York en 1958.

13/01/2009

Seul dans le noir

« Et ce monde étrange continue de tourner » Rose Hawthorne.

 Le dernier roman de Paul Auster « Seul dans le noir » est le récit d’un homme immobilisé par un accident de voiture qui se raconte des histoires de guerre durant une nuit d’insomnie. Cet homme, c’est August Brill, critique littéraire, âgé de 72 ans qui habite chez sa fille Miriam, 47 ans et sa petite-fille, Katya âgée de 23 ans. Sa femme est morte l’an dernier. Le mari de sa fille l’a quittée il y a cinq ans et l’ex-fiancé de sa petite-fille a été tué. Paul-Auster-Seul-dans-le-noir-Actes-Sud_img_234_199.jpg

Ce sont des âmes en peine, blessées. Nuit après nuit, Brill reste éveillé dans l’obscurité et invente des histoires qui se passent dans d’autres mondes, dans des univers fabuleux. Comme celle d’une guerre civile qui se déroule aux Etats-Unis en 2007. Les méchants Fédéraux dirigés par un certain George W. Bush sont opposés aux Indépendantistes. Pour mettre fin à ce conflit, Owen Brick doit tuer August Brill qui a inventé cette histoire (une fiction élaborée à travers une structure en miroir qui laisse un peu le lecteur sur sa faim).

Si le narrateur abandonne un moment son imaginaire romanesque, il rumine ses souvenirs personnels : la maladie de sa femme, son divorce et celui de sa fille. Le cinéma également envahit son esprit, comme la théorie des objets inanimés dans La grande illusion de Renoir ou dans Le voleur de bicyclette de De Sica. Il se souvient aussi d’une histoire racontée dans un restaurant bruxellois par un ancien éditeur qui avait passé sa jeunesse en Belgique et s’était ensuite installé en France (Hubert Nyssen ?). auster_1.jpgAvant de passer à table, l’éditeur avait montré au narrateur une fontaine qui se trouvait dans une petite cour au bout d’un passage. Au bord du bassin, une naïade en bronze. La femme qui avait servi de modèle avait été la professeure de littérature de l’éditeur. Arrêtée pendant la guerre en 1942 et internée dans un camp, elle fut condamnée à mort et… écartelée (Où se trouve cette fontaine à Bruxelles ? Qui est cette femme ?).

 Dans la seconde partie du roman, Katya rejoint son grand-père au milieu de la nuit. Depuis la mort de son ex-fiancé, Titus, elle ne dort plus. Même s’ils étaient séparés depuis plusieurs mois, elle pense que c’est à cause d’elle qu’il est parti en Irak comme chauffeur de poids lourd pour une entreprise. Il a été enlevé à Bagdad et exécuté par ses ravisseurs.

« Seul dans le noir » est un roman très sombre qui aurait pu s’intituler « Les cauchemars américains de Paul Auster ». Une funèbre excursion dans le passé et le présent, qui nous parle de la mort, de la maladie, des séparations, des guerres, de l’Amérique de l’après-11 septembre. Les personnages ne croient guère en l’avenir. Très peu d’espoir à travers ces pages. Paul Auster, sexagénaire, se pose-t-il des questions sur sa propre « vieillesse » ? Deviendrait-il lui-même bientôt grand-père ? Quand il a écrit ce roman en 2007, il ne pouvait pas savoir qu’en novembre 2008, les Américains allaient se réveiller et élire comme président, Barack Obama. Une nouvelle naissance pour l’Amérique et… le rêve américain ?