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23/01/2012

L'enchantement de Sophocle par Wajdi Mouawad


DES FEMMES : Les Trachiniennes - Antigone - Electre

Texte Sophocle - Traduction Robert Davreu - Mise en scène Wajdi Mouawad

"Ce qui ne m'étonne pas, ne me bouleverse pas". Les paroles de Mouawad lors de l'exceptionnelle rencontre avec son public en ce dimanche 22 janvier résonneront encore longtemps dans le théâtre de Namur. Devant une très nombreuse assistance, le metteur en scène libanais nous raconte sa vie, son parcours artistique, ses rencontres. "L'homme devient artiste en rencontrant l'art. Pas besoin de connaitre le malheur." Inévitablement, les auteurs grecs viennent à lui. Sophocle...

Trois tragédies unies par une nouvelle traduction, une troupe d'acteurs enthousiastes, la présence toute en sobriété de Bertrand Cantat (le choeur - personnage effacé qui commente l'action) dont la voix reconnaissable immédiatement emplit l'espace. Voix déchirante, forte, douloureuse et parfois douce posée sur une musique de Bernard Falaise, d'Alexander MacSween et de Pascal Humbert (ex-bassiste de 16 Horsepower). Dans toute sa puissance indéniable, Cantat apporte la démesure et la blessure des hommes (et en même temps sa propre blessure).

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La traduction nouvelle de Robert Davreu des pièces de Sophocle est une langue simple et fluide. Il va traduire les sept qui nous soient parvenues et Wajdi Mouawad les montera toutes d'ici 2015 pour enfin les présenter dans leur intégralité dans le cadre de Mons 2015.

La mise en scène assez sobre pour les deux premières oeuvres devient moins conventionnelle et plus audacieuse (souvenons-nous de "Seuls") pour Electre. Wajdi Mouawad multiplie les effets artificiels, pluie, terre, boue, eau des libations, des purifications. Electre patauge dans la boue et s'ébroue dans un tonneau. Les protagonistes se lavent pour se purifier le corps et l'âme.

Dans les rôles de Déjanire, Héraclès, Clytemnestre, saluons Sylvie Drapeau; dans ceux d'Antigone et de Chrysothémis, la dramaturge Charlotte Farcet et l'impressionnant Patrick Le Mauff dans les rôles de Créon et Egisthesophocle,théâtre,wajdi mouawad.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis voilà qu'apparait Electre. La très belle comédienne Sara Llorca nous subjugue. C'est une véritable tragédienne. Elle qui possède les moyens physiques et sensibles de porter le personnage donne à Electre sa vérité bouleversante cristallisant ainsi le projet du metteur en scène.

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Près de cinq heures durant, c'est un chant à la fois vital et brutal qui s'est élevé de la scène namuroise. Déjanire meurt d'amour, d'avoir trop ou mal aimé son Hercule infidèle, puis de lui avoir enlevé la vie involontairement, accidentellement presque, par jalousie, en voulant le reconquérir. Antigone résiste à la tyrannie aveugle du roi Créon, jusqu'à mourir par principe et par amour pour son frère tombé au combat. Électre, malade d'un père assassiné par sa propre mère, ne trouve le repos que dans une vengeance sanglante et inhumaine.

Wajdi Mouawad nous parle de la beauté des femmes, de leur force, de leur grandeur, de destins tragiques. Les mythes dont s'inspire le théâtre antique nous racontent des vérités universelles, pas toujours belles sur nous-mêmes, sur nos peurs, nos faiblesses, nos rêves, nos joies et nos misères.

09/11/2011

Ubu enchaîné : un Cantona incompréhensible!

Du 8 au 15 novembre 2011, le Théâtre Royal de Namur accueille « Ubu enchaîné », pièce difficile à suivre, d’après Alfred Jarry, mis en scène par Dan Jemmett, avec Eric Cantona, Valérie Crouzet et Giovanni Calo. Cette pièce, qui ne dure heureusement qu’une heure, raconte l’histoire d’Ubu, le symbole de la tyrannie du pouvoir. Ubu, (sur)joué par Cantona, est condamné, jeté en prison puis conduit aux galères les fers aux pieds. Il décide alors de devenir esclave et roi des prisonniers.

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Cantona, constamment assis, ressemble à un gorille en cage (The King… Kong ?), vociférant des phrases qu’on ne comprend qu’à moitié et faisant de grands gestes lancés dans le vide. Est-il bon acteur ? Nous ne pouvons pas répondre car son jeu est toujours le même. Si Cantona veut devenir acteur, nous lui conseillons vivement de suivre quelques cours de diction.

 

Le conteur, Giovanni Calo, n’arrange pas l’affaire avec son accent italien très prononcé. Pourquoi, diable, vouloir compliquer les choses alors que la difficulté du texte de Jarry suffit à elle-même ? C’est encore Valérie Crouzet (dans le rôle de la mère Ubu) qui tire le mieux son épingle du jeu. On entend enfin distinctement ce que dit un des comédiens.

 

Finalement, le spectateur lâche très vite prise et abandonne les acteurs à leurs hurlements.

Que dire d’autre ? Rien, sinon que c’est du théâtre comme on ne l’aime pas. Enorme déception !

 

12:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : eric cantona, théâtre

20/05/2011

Théâtre de Namur : saison 2011-2012

Nous n'allons pas dire que le programme de la saison 2011-2012 du Théâtre royal de Namur est exceptionnel, cependant nous avons retenu quelques spectacles qui vaudront certainement le déplacement :

http://www.theatredenamur.be/saison20112012/

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- Le géant de Kaillass par la Compagnie Arsenic

- Eclats de vie avec Jacques Weber

- Ubu enchaîné avec Eric Cantona

- Des femmes mise en scène de Wajdi Mouawad

- Murmures des murs avec Aurélia Thiérrée (la soeur de James)

- Kiss and cry de Jaco Van Dormael et de Thomas Gunzig

- Oh les beaux jours de Samuel Beckett avec Catherine Frot

- Rodrigo Leao en concert (qui a collaboré avec Stuart Staples de Tindersticks)

 

20:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre, namur

01/05/2011

Tornade du Slava's Snowshow à Namur

Du 3 au 8 mai 2011, le théâtre de Namur va accueillir la troupe du clown russe Slava Polunin pour son "Slava's Snowshow". Grand spectacle magique, burlesque et poétique. Digne héritier du mime Marceau et de Charlie Chaplin, Slava Polunin, que d'aucuns qualifient de meilleur clown du monde, a fondé sa propre compagnie de théâtre pour offrir au clown de cirque la tribune qu'il mérite et l'amener à se produire dans les plus grandes salles de spectacle. Ayant pour fil conducteur la neige, le spectacle se voudra, à l'instar d'une tornade, magique et surréaliste.

Si vous allez voir ce spectacle et que vous ne le connaissez pas, s'il vous plaît, ne regardez pas cette vidéo pour garder la surprise le jour venu!

17:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : théâtre, clown, cirque

08/12/2010

Habit(u)ation : énorme déception!

Parfois, la magie du théâtre ne fonctionne pas. Hier, au Grand Manège à Namur, malheureusement, ce fut le cas pour la représentation d'Habit(u)ation d'Anne-Cécile Vandalem.

Nous avions adoré son premier volet de sa Trilogie des Parenthèses, (Self) Service, spectacle énergique, original et enthousiasmant, présenté en 2008. C'est donc avec impatience que nous attendions Habit(u)ation. Hélàs! Enorme déception!

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Le décor impressionant reste la vedette de ce spectacle qui ne se raconte pas car il n'y a pas d'histoire. Divisé en 2 parties - la première très réaliste, la seconde ultra onirique - Habit(u)ation tourne en rond. L'auteur nous emmène à la découverte d'une famille on ne peut plus banale. La situation est lente, pesante; les dialogues sont plats. On fête l'anniversaire de la petite Anni, 7 ans. Les parents boivent, draguent, s'engueulent.

En fin de soirée, la petite a une idée farfelue pour son âge. Tandis que la famille s'endort, elle allume le gaz de la cuisinière et plonge ses parents ainsi que le public, pauvres de nous, dans un semi coma. On voit alors le père - par quel miracle? - se lever et pendant un quart d'heure vider ses boites de saumon dans une mare (géniale comme situation), la tante dépressive déménager la cuisine (on s'amuse beaucoup? non, pas du tout), la mère s'étouffer dans les tentures (mais que fait-elle là?)...

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Bref, on ne comprend rien. Assister pendant plus d'une demi-heure à un déménagement et en plus sans dialogue (la cuisine se retrouvant dans le jardin), on ne voit pas où est l'intérêt. La musique minimaliste ne parvient pas à remplir ce vide. Et puis, le bruit énervant et incessant du gaz qui s'échappe de cette maudite cuisinière. Non, pitié! C'en est trop. La fin, cependant, est plus intérressante grâce à la métamorphose du décor. La végétation et l'eau envahissent la cuisine et le living; le vent violent arrache les tentures; l'orage gronde et le père se transforme en saumon. Seul moment fort, cette transformation aurait pu sauver le spectacle mais celui-ci se noit trop vite dans une incompréhension totale.

20:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : théâtre

22/11/2010

Quand Bashung chante Gainsbourg

Evènement-phare de la saison culturelle du Théâtre de Namur, L'Homme à la tête de chou (présenté ces 23, 24 et 25 novembre) est une chorégraphie de Jean-Claude Gallotta qui fera revivre à sa manière deux très grands artistes de la chanson française, Bashung et Gainsbourg.

Tiré de l'album-culte, le chorégraphe a imaginé 12 tableaux qui racontent l'histoire d'un homme devenu fou d'amour pour la belle Marilou, une jeune shampouineuse, femme fatale qui poussera L'Homme à la tête de chou au crime. Dans une ambiance d'un film noir américain, les 14 danseurs évolueront sur scène accompagnés par la voix de Bashung.

Celui-ci, au départ du projet, devait être présent sur la scène et assurer la continuité musicale du spectacle. La maladie en a décidé autrement. Mais l'artiste a eu le temps d'enregistrer la bande-son avant de disparaître en mars 2009. Sa place a été symboliquement conservée: le siège sur lequel il devait s'asseoir sera sur la scène.

08:14 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : culture, théâtre

20/11/2010

Pierre Arditi dans "Faisons un rêve"

Ce dimanche 21 novembre, le Théâtre royal de Namur accueillera Pierre Arditi et ses comparses pour la représentation de "Faisons un rêve", pièce écrite par Sacha Guitry.

18:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre

08/09/2010

On a chaviré pour "La Veillée des Abysses"

Superbe rentrée 2010 au Théâtre royal de Namur, cette semaine, avec l’éblouissante « Veillée des Abysses » de James Thiérrée, le petit-fils de Charlie Chaplin.

Cinq artistes (d’ailleurs sont-ils 5 ou 6? Qu’est devenue Gaëlle Bisellach-Roig) vont se mélanger et se partager la scène pour un rêve merveilleux d’une heure et demi sous le regard attentif d’un personnage discret et mystérieux se cachant sous un drap noir. Serait-ce le maître des lieux, le dieu des Abysses ?

Au commencement est l’ouragan. Ses draps blancs flottants envahissent le plateau en vagues géantes ; tableau grandiose dans lequel le vent fouette les éléments et va plonger nos naufragés dans un monde étrange et féérique. Autour d’une table au fond de la mer, ils parlent une langue inconnue et parfois la perdent ou la chantent. La table devient roue et, par une gestuelle exceptionnelle, se transforme en escargot. Les lois de notre monde n’ont plus cours. Mélanges de sons, de musique, de bruits d’insectes. Tous nos sens sont en éveil.

Tout en apesanteur, les personnages vont se mouvoir et se comporter de façon irréelle touchant aux portes de la folie. La grille infranchissable sans un code gestuel irréel est envahie par une espèce d’araignée de mer. Celle-ci joue avec Thiérrée qui ne peut s’empêcher de la poursuivre dans cette dimension verticale. Gardes immobiles se changeant en statue grecque ou en oiseau imaginaire aux ailes déployées, ils franchissent enfin l’obstacle.

Le canapé avaleur et cracheur de chair humaine nous fait oublier à qui sont ces pieds, ces mains. Notre vision est double, triple. Une femme disparaît, un homme prend magiquement sa place. Où sommes-nous ? Nous touchons aussi le fond.

L’envol de l’homme va tirer les voiles, le mât balance tel un métronome géant. La mer s’agite et une pianiste décalée nous joue les vedettes à en perdre la raison. Avons-nous toujours la nôtre ?

L’homme perd toutes ses forces et se force à rester debout pour avoir encore l’aspect d’un être humain. Il suffira d’un coup de pied au cul pour rétablir la réalité. Cette réalité qui nous semble atteindre un profond désespoir lorsque deux hommes veulent se tirer une balle dans la tête pour finalement faire marche arrière. Le réel nous échappe, envahi par une succession d’images fortes sorties d’un imaginaire extraordinaire.

Jeux de mimes, acrobaties et contortionnismes, danses et chants, croisements savants de théâtre et de cirque, ce spectacle enivrant est à l’image de l’inventif et génial James Thiérrée touché par une grâce baroque.

On voudrait que cet univers dure des heures. On voudrait garder toutes nos émotions et être étourdi éternellement par ce songe. On ne veut pas se réveiller !!!

La Veillée des Abysses (bande annonce) from THEATRE DE NAMUR on Vimeo.

 

 

02/06/2010

Tante Elisabeth

Chant welche (langue romane parlée aujourd'hui par un millier de personnes dans un petit nombre de vallées des Vosges alsaciennes), interprété par Rosa Lopez, de Labaroche, musique de Rodolphe Burger.

12/05/2010

Théâtre de Namur - Saison 2010-2011 : le retour de James Thiérrée

Le programme de la saison 2010-2011 du Théâtre Royal de Namur vient d'être dévoilé.
Et, en ouverture de la saison, dès le 4 septembre et jusqu'au 10 septembre, le retour tant attendu de James Thiérrée avec l'exceptionnel spectacle La Veillée des Abysses. Déjà présentée en 2005 à Namur, cette féérie drôle et fantastique a fait le tour du monde. Dernière occasion donc de la voir avant de disparaître au pays des songes.
Ce n'est pas tout, James Thiérrée revient aussi du 17 au 23 janvier 2011 avec Raoul, créé en 2009 dans ce même lieu. On ne peut que vous conseiller de voir ou revoir cet incroyable enchantement du génial sculpteur d'illusion.
Autres spectacles proposés :
- Le Chagrin des Ogres de Fabrice Murgia
- Bien des choses de François Morel
- L'Homme à tête de chou de Serge Gainsbourg, version enregistrée par Alain Bashung et chorégraphiée par Jean-Claude Gallota (à ne pas manquer!)
- Habit(u)ation d'Anne-Cécile Vandalem (créatrice du surprenant (Self) Service)
- ID du cirque Eloize
- Seuls de Wajdi Mouawad
- Le Roi se meurt d'Eugène Ionesco avec Michel Bouquet
- Quelqu'un comme vous de Fabrice Roger-Lacan avec Jacques Weber et Bénabar
Quelques concerts : Christophe, Eté 67, Louis Chedid, Thomas Fersen,...
Un programme bien alléchant et ambitieux...

La Veillée des Abysses (bande annonce) from THEATRE DE NAMUR on Vimeo.

03/01/2010

James Thiérrée sur France 2

Profitez vite du reportage (voir lien) que France 2 a consacré au spectacle "Raoul" de James Thiérrée qui triomphe à Paris.

http://jt.france2.fr/player/13h/index-fr.php?jt=20100103&...

05/11/2009

Pierre Richard en toute franchise

Pierre Richard, de son vrai nom Pierre Defays (un nom bien de chez nous ; en effet, son grand-père était belge) était ce 4 novembre au Théâtre de Namur pour présenter à nouveau son spectacle Franchise postale.

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Accompagné d’un contrebassiste, le grand blond a lu une petite dizaine de lettres d’admirateurs. Pour répondre à chacune d’elles, Pierre Richard raconte ses souvenirs de carrière comme la pièce César de Shakespeare et son acteur (dont on a oublié le nom) interprétant un Marc-Antoine « chouintant » et se prenant pour Hercule, un moment d’anthologie qui nous a coûté un fou rire mémorable et qui nous a fait perdre le fil de la fin du spectacle.

Autres grands moments : sa rencontre manquée avec le mime Marceau chez le dentiste et celle avec Charles Aznavour et sa pauvre écharpe en cachemire. Des anecdotes plus personnelles aussi : les avant-premières des concerts de Georges Brassens et sa désopilante première plongée sous-marine.

Ce fut un spectacle rempli de drôleries et d’émotion. L’acteur français, se définissant lui-même comme un pessimiste joyeux, nous a donné une magnifique leçon de gaieté et d’humilité. Adorant le théâtre de Namur, Pierre Richard, qui a d’ailleurs enregistré son précédent spectacle Détournement de mémoire (DVD) dans ce superbe lieu, reviendra normalement dans notre ville pour une troisième représentation en janvier.

14/09/2009

James Thiérrée, au pays des chimères

Extrait du JT de TF1 du 13 septembre 2009 :

Le petit-fils de Charlie Chaplin, James Thiérrée, a lancé à Lyon son nouveau spectacle, «Raoul», joyeux bric-à-brac qu'il présente en province avant Paris.

http://videos.tf1.fr/jt-we/james-thierree-au-pays-des-chi...



Découvrez Raoul : la solitude selon James Thiérée sur Culturebox !

13:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : théâtre, culture

29/04/2009

James Thiérrée et l'énigmatique Raoul

Ce mardi 28 avril, eut lieu au Théâtre royal de Namur la première mondiale de Raoul, le nouveau spectacle de James Spencer Thiérrée. Né en Suisse le 2 mai 1974, ce comédien qui à l’âge de 4 ans déjà faisait ses premiers pas sur la piste du cirque de ses parents, est aussi danseur, illusionniste, metteur en scène, acrobate et… petit-fils de Charlie Chaplin.

 

 

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Après ses spectacles La Symphonie du Hanneton (1998),  La Veillée des Abysses (2003) et Au revoir parapluie (2007), Thiérrée revient donc avec Raoul. Au milieu d’un décor complexe aux multiples possibilités – toute la machinerie théâtrale est utilisée -, "seul" sur scène avec son double, le comédien imagine l’histoire du solitaire Raoul, un roi déchu atypique, mystérieux et proche du dénuement qui vit retranché dans une tour qu’il a construite lui-même pour se mettre à l’abri de ses démons et du monde. Un visiteur, un jour, se présente pour attaquer l’édifice et son occupant. Cet assaillant, c’est lui-même… Il est à la fois l’attaquant et l’attaqué.

 

Commence alors un spectacle de toute beauté, mêlant plusieurs disciplines, la musique, l'illusion, la danse (le jeu du miroir), l'acrobatie (le mariage du corps et d'une échelle), la pantomime (le centaure de Tati), la théâtralité (le dormeur éveillé). Le décor à l'ancienne, ce sont des toiles tirées par des fils, des trappes qu'on ferme, de simples jeux de lumière, un aquarium qui se brise malencontreusement pour la "première", des créatures monstrueuses manipulées, mais surtout, le décor, c'est la tour faite de tubes d'échafaudage qui vont s'écrouler au fur et à mesure qu'avance cette épopée pour qu'à la fin, la scène se retrouve nue. Raoul, alors libéré de sa schizophrénie et découvrant le monde, peut monter au ciel.

 

Même s'il en a ras-le-bol (c'est lui-même qui le dit) qu'on lui rappelle son illustre ascendance, on ne peut s'empêcher, en voyant évoluer Thiérrée sur scène, de penser à son grand-père (quelques similitudes avec le court-métrage "One A.M."). La gestuelle, la démarche sont bien présents. Il ne cherche pas à imiter. C'est dans ses gènes... pour notre plus grand plaisir.

 

Pourtant guère habitué à ce genre de représentation du corps, nous sommes restés admiratifs devant cette magnifique performance. Le public namurois tombé aussi sous le charme a accueilli triomphalement (le mot est faible) ce spectacle qu'il serait assurément intéressant de revoir d'ici quelques représentations pour découvrir l'évolution de l'attachant personnage qui est Raoul.

 

Vendredi 8 mai, la dernière représentation namuroise. Nous avons revu le spectacle, certainement, un spectacle plus rôdé. Thiérrée a apporté quelques modifications. Moins de temps morts, des scènes de danse plus courtes, une autre participation du public, un jeu de lumière revisité, des effets sonores rajoutés. A chaque soirée namuroise, ce fut une standing ovation. Inoubliable! Amis parisiens, si vous avez vu ce spectacle, nous aimerions connaitre votre avis. Merci!

 

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10:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : théâtre

28/02/2009

Le petit chat est mort

ecole.jpgMagnifique soirée théâtrale que nous avons passée ce vendredi au théâtre de Namur avec L'Ecole des femmes de Molière. Dans le rôle d'Arnolphe, Daniel Auteuil qui pendant plus de deux heures de pure bonheur, nous a fait tout l'étalage de son immense talent de comédien. Les acteurs prennent énormément de plaisir à jouer et en donne en retour à un public très enthousiaste. Ce soir, dernière représentation à Namur mais L'Ecole des femmes sera aussi présentée à Bruxelles au Wolubilis du 4 au 7 mars. A ne pas manquer. On a adoré!

10:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : théâtre